Petite compilation du moment, par K!ro. Une cinquantaine de minutes à écouter dans l'ordre, de préférence une guinness en main (une killiams peut être tolérée).
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Petite compilation du moment, par K!ro. Une cinquantaine de minutes à écouter dans l'ordre, de préférence une guinness en main (une killiams peut être tolérée).
Showtime est une chaîne cablée américaine à péage, comparable d'une certaine manière à Canal+ en France (le côté cinéma et ex-propriétaire d'un club de football reléguable mis à part).
Depuis quelques années cette chaîne s'est orientée, avec talent et succès, vers la production de séries originales. Originales car produites, scénarisées, et diffusées par et pour Showtime.
Originales car décalées, très adultes, sarcastiques et provocantes.
Les séries Showtime constituent un genre à part, et à part entière.
D'abord de par les thèmes abordés : la mort (Dead Like Me, Dexter), le trafic de drogue (Weeds), la consommation de drogues (Weeds, Californication),
le sexe (Californication, The Tudors) etc. Des thèmes provocateurs, un peu racoleurs.
Ensuite de par la manière avec laquelle ces thèmes sont abordés : de front, avec cynisme, provocation, humour (souvent noir) et originalité. On aborde la mort en se mettant dans la peau d'une
jeune apprenti-faucheuse (Dead Like Me), ou d'un tueur en série qui travaille pour la police de Miami (Dexter). Pour la drogue, on découvre la vie de famille d'une mère-dealeuse
d'herbe (Weeds) ou la vie chaotique et dépravée d'un écrivain divorcé (Californication).
Enfin de par l'aspect très adulte, et non-familial de ces séries. Elles sont violentes, crues, osées, cyniques...
Ce qui les relie aussi, c'est leur qualité, tant au niveau de la mise en scène, que du jeu des acteurs et surtout du scénario. Les séries Showtime sont souvent acclamées par la critique, même par
Télérama.
Au début de cette saison 2007-2008 Showtime, qui plus que jamais surfe sur le succès de ses séries phares, a lancé une campagne de pub indiffusable à la télévision : « Holy shit promo ». Cette
campagne a pour fond sonore une musique originale, avec pour paroles : « I've been such an asshole / I've been such a prick » ou « Holy, holy shit / We've got the world by the tit. ».
La pub a été diffusée directement sur les sites de partage de vidéo sur internet, le bouche-à-oreille a fait le reste.
« Showtime original series, The best shit on television. » (les séries originales de Showtime, la meilleure merde
télévisuelle)
Slogan de la campagne de pub Showtime
3H10 pour Yuma, western psychologique réalisé par James Mangold remaké à partir d'un film de 1957 de Delmer Daves et adapté d'une nouvelle de Elmore Leonard (qui a aussi écrit Be Cool), raconte l'histoire du pauvre fermier quasi-cul-de-jatte Dan Evans (Christian Bale) qui, par honneur et par fierté, va escorter le super-bandit quasi-légendaire Ben Wade (Maximus) jusqu'au train de 3h10 pour Yuma et sa prison.
Le film commence par la présentation de la famille Evans. Leur grange est en train de partir en flamme, incendiée par Ben Wade et sa bande justement. On ne sait pas bien pourquoi ils ont
foutu le feu. L'image tremble, c'est l'angoisse, deux vaches anorexiques meurent. Le père, Dan, sort pour faire quelque chose, il boite. Son plus vieux fils, William, l'accompagne. Finalement le
père ne fait rien, il a peur, il n'ose pas. Il est lache et vu comme tel par ses fils, et un peu par sa très jolie femme aux yeux verts.
Ensuite on nous présente Ben Wade et sa bande de huit desperados, dont le fidèle et violent Charlie Prince (Ben Foster qui joue bien mais est malheureusement mal doublé). Ils attaquent une diligence, ça tire de partout, ça explose, ça flambe, ça meure. La
caméra tremble, filme un peu n'importe quoi, on ne comprend rien. Bref, ils tuent tout le monde, empochent le butin, Wade est « obligé » de sacrifier Tommy, un membre de sa bande. Il est froid et
sans pitié, mais a beaucoup de charisme et d'autorité. Et il a un grand talent dans le maniement des armes, surtout avec son pistolet La Main de Dieu.
Wade se fait arrêter dans la ville d'à côté, sans sa bande. Tout le monde sait qu'il est dangereux, que sa bande ne va pas hésiter à trouer de balles tout ceux qui empêcheront, même vaguement, de
le libérer. Mais les habitants de cette petite bourgade ne sont pas des barbares : il faut le porter à la justice. On engage alors des hommes pour l'escorter jusqu'au train pour Yuma. Evans se
fait engager. C'est grace à lui qu'on a arrêté Wade mais surtout il est endêté jusqu'à l'os, à cause de la sécheresse et de la compagnie de train (même compagnie dont le train part à 3h10 pour
Yuma).
Une guerre psychologique s'engage entre Wade et son escorte. Une guerre froide, palpable, sans pitié, où Wade a l'avantage.
Globalement, on passe un bon moment avec ce film.
Les acteurs sont dans l'ensemble plutôt bons. Malheureusement les doublages en français sont parfois un peu lourds, notamment avec Ben Foster dont la voix essaye de prendre le côté
sociopathe-calme d'un Hannibal Lecter mêlé à un Anton Chigurh de l'ouest. On remarque surtout Russell Crowe, qui tire le film vers le haut. Wade arrive en effet à manipuler parfaitement tous les
autres, il est froid et violent tout en étant humain, il est provoquant et fascinant sans que cela soit causé par un plaisir morbide.
Les personnages manquent un peu de profondeur, même pour un western. Les personnages principaux ont un passif, une histoire ou un petit quelque chose. Les personnages secondaires sont simplement
là, insignifiants et parfois fades.
La réalisation est dans l'ensemble correcte, neutre, sans être remarquable. Sauf au début du film, où le moindre moment un peu rapide ou violent provoque de terribles secousses de l'image qui
virevolte sans pour autant nous désorienter (ce qui est le but), on reste là, las, parfaitement extérieur en se disant « Et alors? qu'est-ce qui se passe réellement? ». Pourtant, la scène finale,
où ça défouraille pas mal (une Mi$e à prix soft et John Fordisée) est bien mise en scène, on se prend au jeu et on y prend plaisir alors que c'est absolument irréaliste.
La bande originale est assez inégale. Une fois elle est génante, en sens inverse de ce qu'on regarde, réduisant l'intensité du jeu. L'autre elle est ennivrante, et renforce l'action.
En Bref 3h10 pour Yuma est un bon film, agréable à regarder. La prestation de Russell Crowe et la scène finale laisseront sans doute une trace dans la mémoire, le reste est seulement plaisant sur le moment. À voir si on est attiré par les westerns.
« Tommy était stupide. Tommy était faible. Tommy est mort. »
Ben Wade qui vient d'abattre Tommy.