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Mardi 22 janvier 2008

« En Amérique c'est bling-bling. Ici c'est bang-bang. »
À peu près ce que dit Solomon Vandy à Danny Archer au sujet des diamants


Blood Diamond était sur ma liste de Films Que J'ai Depuis Un Bon Moment Qu'il Faudrait Que Je Les Regarde Enfin. Je n'en avais entendu que du bien, alors je l'ai enfin regardé il y a quelques jours. Eh bien j'ai préféré Lord of War.

Blood Diamond raconte l'histoire de Danny Archer (Leonardo diCaprio, que j'ai personnellement trouvé moins bon que d'habitude), un trafiquant d'armes ex-militaire (ou quelque chose comme ça, pas trop compris son passif) un peu cynique mais gentil et humain en fin de compte, et de Solomon Vandy (Djimon Hounsou, très juste dans ce rôle) un père de famille qui se retrouve enrolé de force comme "chercheur de diamants" pour des rebelles. Solomon va trouver un énorme diamant rose (diamant rose - blood diamond : wow) qu'il va réussir à cacher au péril de sa vie. Danny en entend parler et conclut un marché avec lui : tu m'indiques où se trouve le diamant, on partage l'argent de la vente, et tu pourras retrouver ta famille car ici l'argent mène à tout. Ils se feront aider en cours de route par la belle, caricaturale et gentille, Jennifer Connely (Maddy Bowen, son seul rôle dans sa carrière), une reporter baroudeuse. Bien évidemment Danny voulait au départ doubler tout le monde. Mais bien évidemment il tombe sous le charme de la reporter et découvre son côté niais et humain.

La réalisation est un peu molle durant les scènes d'action. Ça mitraille, ça explose, ça gicle, mais ça ne fuse pas, ça ne secoue pas, ça n'excite pas. Beaucoup de personnages secondaires sont mal esquissés, vides de substance et d'intérêt, un peu abandonnés à leur sort. Le passif de Danny est assez carricatural (le gros dur qui a en fait un passé très triste et qui du coup n'est pas si dur que ça). Les doublages ne sont pas toujours bien faits. La musique est belle mais n'accroche pas aux images. Les paysages sont magnifiques mais ne sont pas mis en valeur. Enfin, et surtout, il y a beaucoup trop de bon sentiments, un côté moralisateur et sensibilisateur trop présent.

Bref, ce film est censé choquer devant l'horreur de la situation provoquée - entre autres - par ces diamants de guerre mais n'y arrive pas. On assiste de l'extérieur, sans se sentir concerné plus que ça, à des massacres de villages par des enfants. On voit sans réussir à s'émouvoir des vies détruites par cette violence omniprésente.
Lord of War, dans le même style, réussit bien mieux cette tâche en étant pourtant moins axé sur la sensiblerie et beaucoup plus sur le sarcasme et le cynisme. Dans Lord of War la mort d'enfants choque, dans Blood Diamond elle fait presque partie du paysage.

K!ro
Par vomir.encostard - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 17 janvier 2008

« Alors c'est un OFNI, un orifice fuyant non identifié. »
Gregory House parlant au docteur Chase de leur patient, dans l'épisode 2 de la saison 3 (La Vérité est ailleurs)


Je ne vous parlerai pas en détails de [H]ouse, ça a déjà été fait maintes fois ailleurs -et mieux que je ne le ferais-.
Hier soir TF1 a diffusé en prime-time trois épisodes inédits de la troisième saison de cette merveilleuse série. J'avais déjà regardé ces épisodes, mais comme j'adore j'avais décidé de les revoir. Pour le plaisir. Bref, je me suis servi 50cL de Guinness [wp] [fr] et me suis affalé, armé de ce délicieux breuvage, à 20h50 tapante devant TF1.
Pour le premier épisode, pas de problèmes, c'est parfait : House est méchamment cynique. C'est au deuxième épisode que ça se gâte : j'ai bien l'impression que l'introduction avant le générique a été raccourcie. Je me souvenais d'un plan-large, une espèce d'image-choc, où on voit ce gamin de sept ans allongé sur du gazon sur le ventre, son pantalon de pyjama imbibé de sang. Là on a distingué durant un quart de seconde du sang sur son bas de pyjama, il ne fallait surtout pas cligner de l'œil à ce moment-là. J'ai trouvé ça bizarre. Puis au troisième épisode ça s'est confirmé. Normalement on devait voir ce chercheur en médecine se faire manger un bout de lèvre par son rat de laboratoire. Hier soir on a seulement vu le rat s'approcher du visage, et on devait deviner ce qui allait arriver.

J'ai décidé de vérifier tout ça. J'avais déjà entendu par-ci par-là que TF1 avait l'habitude de couper certains passages des séries, même pour celles diffusées tard le soir. Voici la preuve en image.
Pour l'épisode 2, à gauche ce qu'on pouvait voir à l'origine, à droite le moment où s'arrête la scène d'introduction (une vingtaine de secondes avant).
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De même pour l'épisode 3, à gauche ce qu'on pouvait voir à l'origine, à droite le moment où s'arrête la scène d'introduction (une trentaine de secondes avant).
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La volonté initiale des scénaristes et des producteurs n'est pas respectée : ils souhaitaient sans doute commencer chaque épisode par une image-choc, quelque chose qui marque un peu, une manière clash de dire « Et paf! c'est [H]ouse qui commence! ».
De plus la compréhension des épisodes peut être génée, surtout pour le deuxième durant lequel House et ses assistants parlent de ce problème de coagulation. Il suffit d'un battement de cil, d'une inattention d'une seconde (c'est vite arrivé devant TF1), et on ne comprend pas entièrement l'épisode.
Je suppose que TF1 fait cela par obligation, pour ne pas subir les foudres du CSA. Peut-être aussi ne veut-on pas choquer la ménagère de moins de 50ans qui vient d'assimiler 30minutes de vide grace à PPDA puis 20minutes de flan grace à la pub.

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K!ro

 

Par vomir.encostard - Publié dans : Télévision
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Dimanche 13 janvier 2008

« I'm not Superman. I'm Supertramp. And you're Superapple »
Alexander Supertramp qui parle à une pomme délicieuse


 

Into the wild, réalisé par Sean Penn [wp] [en], raconte l'histoire de Christopher McCandless (Emile Hirsh [en] époustouflant) un jeune étudiant tout juste diplomé qui décide de tout plaquer pour prendre la route, après que ses parents aient essayé de lui offrif une nouvelle voiture. Il ne décide pas cela à moitié : il brûle tout ses papiers d'identité, donne presque tout son argent à Oxfam [wp] [fr], brûle l'argent liquide qu'il lui reste, efface ses traces au fur et à mesure, se rebaptise Alexander Supertramp (Alexandre Superclochard) et décide de partir seul en Alaska (« Alaska-Alaska, not Alaska »). Lors de ce voyage il rencontre un couple de hippies qu'il aide à se réconcilier et avec qui il combat sa peur de l'eau, un couple de jeunes venant de Copenhague, une adolescente qui s'éprend de lui, un retraité solitaire ex-alcoolique qui souhaite l'adopter, puis finit seul dans son Magic Bus (un bus rouillé au milieu de nulle part) en Alaska.

L'histoire n'est pas racontée de manière linéaire. Elle est divisée en chapitres, qui vont de la naissance à l'âge adulte, entrecoupés de scènes où Christopher est seul en pleine nature en Alaska. Elle est aussi rythmée par la voix off de la sœur de Christopher, et par celle de Christopher lui-même qui écrit son histoire pour en faire un bouquin.
Malgré le thème principal (le voyage au gré de la route et de la nature) le film ne se perd ni dans la contemplation de paysages magnifiques, ni dans une sensibilisation démesurée des personnages.
Bien qu'on suive le cheminement d'un homme qui décide de partir seul, le héros évolue suivant les rencontres, qui voient elle-même leur vie bouleversée par cet Alexander Supertramp. Les personnages secondaires sont tous très bien exploités et n'ont pas qu'une facette.
La bande original d'Eddie Vedder [wp] [fr], chanteur de Pearl Jam, rythme le film et intensifie certaines scènes sans être trop présentes. Les deux chansons de country illustrent les passages où elles sont utilisées.
Enfin il n'y a pas d'explication toute faite sur les raisons qui ont poussées Christopher à entreprendre un tel voyage qu'il sait risqué. Les flash-back sur l'enfance peuvent incriminer les parents, un dégout de la société peut aussi être en cause (l'élément déclencheur est la voiture offerte en cadeau au début et qu'il juge inutile et non-nécessaire), ou une envie de vivre la vie absolument (il descend les rapides du Colorado sans aucune expérience, plonge dans l'eau du haut d'une failaise, par exemples). Certains disent que Christopher avait sans doute un gros problème psychique, qu'il était un peu fou [en]. Le plus plausible semble être un mélange de toutes ces causes, associé au fait qu'il a décidé de le faire et ira jusqu'au bout, coûte que coûte. Cette absence d'explication franche est parfois reprochée (voir les critiques du lemonde.fr ou avoir-alire.com), mais c'est aussi ce qui m'a beaucoup plu dans ce film car je pense qu'on ne peut pas expliquer aussi simplement un tel comportement et qu'il faut laisser au spectateur le soin de se faire son opinion.


Ce film est selon moi un véritable chef d'œuvre. Il m'a beaucoup marqué, la fin est particulièrement émouvante. Même si le dénouement final est prévisible, on s'attache tellement à ce jeune homme idéaliste qu'on s'efforce à espérer jusqu'au bout un retournement de situation ou une autre fin. Je suis resté sous le choc de ce film durant plusieurs heures durant lesquelles je suis resté un peu hagard, perdu et secoué. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu quelque chose d'aussi fort. Magnifique.

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K!ro
Par vomir.encostard - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 11 janvier 2008

J'ai terminé aujourd'hui la lecture du Courrier International de la semaine dernière (3 janvier) avec un dossier sur la décroissance [wp] [fr]. La couverture du journal était plutôt pas mal : «Travailler moins pour gagner moins et vivre mieux», ce qui résume assez bien le principe de la décroissance.

Dans ce dossier on explique pourquoi-comment des gens « normaux » ont choisi de consommer moins, de gagner moins d'argent, d'avoir plus de temps libre pour savourer la vie. On ne s'attarde pas sur des exemples extrèmes comme ceux ayant décider de ne rien acheter et de tout récupérer dans les poubelles.
Tout ce que j'y ai lu, ou presque, m'a paru dépendre du bon sens. Si on interroge quelqu'un sur ses désirs, ou ses rêves, il répondra plus ou moins qu'il souhaite passer du temps avec sa famille, prendre le temps de vivre, s'épanouir hors du travail. Pourtant si on regarde ce que fait ce quelqu'un, on voit qu'il fait comme tout le monde : il bosse trop, ne glande rien une fois sorti du boulot, râle, et rêve au prochain écran plasma full-HD qu'il pourrait s'acheter. Il y a un problème d'incohérence.

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Moi aussi je suis un occidental capitaliste. Moi aussi j'aimerais bien avoir un bel écran full-HD plus grand que mon mur. Il m'arrive même de regarder TF1, et je mange du jambon sous célophane, je suis donc tout à fait normal.
Sauf que je suis cohérent. Je ne travaille pas trop (plutôt trop peu). Je ne vais pas m'endetter pour satisfaire quelques envies non-nécessaires. Je ne prends pas de plaisirs particulier à consommer et à acheter ce dont je n'ai pas besoin, je me fais juste quelques plaisirs - qui eux sont nécessaires-.
Par exemple je ne comprends pas l'engouement pour l'ouverture des magasins le dimanche. Je ne vois pas en quoi il est important d'avoir la possibilité d'acheter quelque chose tous les jours, ça me dépasse.

« Je sais pas c'est seulement que quand on commande des meubles on se dit à soi-même : "ça y est c'est le dernier canapé dont j'aurai besoin. Quoiqu'il arrive d'autre par la suite, j'ai enfin réglé le problème du canapé." J'avais tout. J'avais une chaîne hi-fi de très bonne qualité, une garde-robe qui devenait très respectable, j'allais bientôt être aussi complet que possible. »
Jack, qui parle à Tyler Durden, suite à l'incendie de son appartement - dans Fight Club

K!ro
Par K!ro - Publié dans : Idées
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Mercredi 9 janvier 2008

Les insignifiants auteurs de ce blog donneront ici leurs inutiles avis sur tout et n'importe quoi. Ils écriront aussi ce qui leur passera par la tête. Ils savent que les blogs sont en grande majorité vides de sens et d'intérêt, celui-ci ne dérogera sans doute pas à la règle.

Mais les auteurs ont envie de faire partager leur vision du monde. Alors ils le font.

K!ro

Ce blog sera le nôtre. Nous nous l'approprierons en tant qu'espace de liberté et d'expression propre. Notre blog sera notre sanctuaire où grouilleront toutes nos idées, des plus stupides aux plus réfléchies, des plus perverses aux plus empathiques. Notre blog sera un espace de rencontre et de communication où tout à chacun pourra se dévoiler. Notre blog sera unique car il sera le nôtre, notre blog nous sera utile car il sera le nôtre. Fi de tout préjugé ou d'a priori, notre blog nous servira enfin à être tout simplement nous-mêmes et à exister au sein du réseau internet. Désormais Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, grâce à notre blog, vous démontrerez au Monde que celui-ci ne peut tourner sans vous. Merci.

DJ JO
Par vomir.encostard - Publié dans : Le blog
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